Jardins de femmes
Par Kary, jeudi 23 août 2007 à 17:06 :: VIVRE AU SENEGAL :: #279 :: rss

Traditionnellement le jardinage est une activité féminine dont la femme garde les recettes. Depuis quelques années, les ONG ont beaucoup appuyé les femmes pour développer le maraichage. Le jardin que je vous présente se trouve en Casamance, au sud du Sénégal et l'ONG qui les aide est espagnole.
L'ONG a installé une motopompe et un système de goutte à goutte sur une partie de la superficie. Quand je suis passée, il n'y avait plus d'essence pour la pompe, faute d'argent. A ce que j'ai compris il y a eut une erreur de gestion et l'association villageoise s'est retrouvée à cours de trésorerie. Ce qui obligeait les femmes à puiser l'eau à la main. L'animatrice du jardin, une habitante du lieu m'a dit que cela servirait de leçon et que dorénavant les femmes seraient plus prudentes...

L'association villageoise comprend environ 180 femmes. Chaque femme dispose d'un carré qu'elle doit impérativement cultiver sous peine que celui-ci soit donné à une autre femme. Les femmes y cultivent oignons, gombos, pommes de terre (un peu), aubergines africaines pour la consommation familiale et salades, poivrons, tomates ... pour vendre dans les hotels d'une station balnéaire distante d'une quinzaine de kilomètres.
Elles vendent chacune leur propre production. Elles s'essayent aussi aux fleurs avec prudence, hormis les hotels il n'y a pas d'acheteurs de fleurs.

A l'entrée du jardin, le gris gris. Fétiche destiné à protéger le jardin. Bien que 90 % des sénégalais soient ou musulmans ou chrétiens, les religions traditionnelles ne sont jamais bien loin. En fait pour beaucoup la religion est un joyeux syncrétisme entre religion révélée et animisme.
Il y a quelques années, je cherchais du travail en Casamance, au matin d'un rendez vous d'embauche, la dame chez qui j'habitais m'a fait boire un verre de cana (rhum guinéen) pendant qu'elle égorgeait un coq noir, pour me porter chance. Cette dame était chrétienne pratiquante et ne voyait nulle incompatibilité entre ses deux croyances. Ca marche pas toujours, la preuve, je n'ai pas eu le travail !

Quand je suis passée, en mai, c'était la fin de la saison maraichère. Les dernières récoltes. Photo du dessous, l'animatrice du jardin récolte ses derniers oignons. L'hivernage approche, les femmes vont travailler à la rizière, de plus les fortes pluies ne sont pas propices au maraichage.
L'animatrice du jardin a été élue par ses compagnes, c'est elle qui va aux stages de l'ONG pour apprendre les nouvelles techniques, qui reçoit les calendriers de plantation. Elle est ensuite chargée de faire circuler l'information. Au début du projet, elle avait reçu une petite formation.
Elle est aussi chargée de tenir les comptes de l'association et de calculer le chiffre d'affaire global, bénéfice et pertes. Cela lui pose de gros problèmes n'ayant pas été beaucoup à l'école. Néanmoins elle se débrouille très bien. Ca marche. Les activités de femmes sont celles qui marchent le mieux en Afrique et au Sénégal en particulier.








Commentaires
1. Le jeudi 23 août 2007 à 20:43, par Renaude
2. Le jeudi 23 août 2007 à 21:31, par liputu
3. Le mercredi 16 avril 2008 à 23:34, par Bianca
4. Le jeudi 17 avril 2008 à 09:27, par Kary
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